Les musiques de Charlie

Salut tous le monde,

j’avais tellement hâte d’écrire à nouveau des articles, j’étais pas mal occupé et je ne voulais pas écrire pour poster rapidement un article. Je voulais prendre le temps de parler d’un sujet que j’ai beaucoup aimé pour ne pas dire adoré. Il y a beaucoup de choses, de films et de livres que j’ai lu et regardé récemment dont je voulais vous parler mais avec les jours qui défilent j’avais perdu cette envie, je n’étais plus dedans, ou le fait de ne pas avoir tapé depuis un moment j’avais peur de ne plus savoir écrire, d’être bloqué c’est bizarre non ?

Bref, je vous retrouve pour un livre (que j’avais découvert en tant que film il y a 2 ans) qui m’a beaucoup touché. Je ne sais toujours pas si je parlerais du film ou du livre alors je vais vous parler des deux. La première fois que j’ai vu Le monde de Charlie c’était en Aout 2015 et il m’a beaucoup marqué et rendu fan de Heroes de David Bowie quelques mois avant sa mort (c’est bête mais je pensais qu’il était immortel ça doit être parce que j’écoutais Heroes quasiment tous les jours et d’un coup le fait qu’il ne soit plus la et que je pouvais quand même continuer a écouter cette chanson m’a donné l’impression qu’il était immortel, ce qui est cynique puisque dans le film à chaque fois que les personnages écoutent cette musique, ils se sentent immortels eux aussi.)

Résumé : Au lycée ou il vient d’entrer, on trouve Charlie bizarre. Trop sensible,pas « raccord ». Pour son prof de Lettres, c’est un prodige ; pour les autres juste un freak. En attendant il reste en marge, jusqu’au jour où deux étudiants, Patrick et la Jolie Sam le prennent sous leur aile.

« J’ai passé toute la nuit à l’enregistrer et j’espère que Patrick l’aimera autant que moi. Surtout la face B. J’espère que c’est le genre de face B qu’il pourra écouter chaque fois qu’il sera tout seul en voiture, et qui l’aidera à se sentir rattaché à quelque chose chaque fois qu’il sera triste.

Quand, finalement, j’ai eu la cassette dans la main, j’ai ressenti un truc incroyable. D’un coup, je me suis dit que dans ma main, y avait cette cassette toute bête, pleine de souvenirs ; d’émotions, de grand bonheur et de tristesse. Juste là, au creux de ma main. Et j’ai pensé au nombre de gens qui aiment ces chansons. Et à tous ceux qui ont des périodes difficiles et qui s’en sont sortis grâce à ces chansons. Et à ceux qui ont passé de bons moments avec ces chansons. Et à tout ce que ces chansons veulent vraiment dire.»

L’une des raisons pour lequel j’ai adoré le film et le livre (oui je trouve que les deux se valent, le film respecte beaucoup le livre et le personnage de Charlie, même si le livre permet d’être davantage dans sa tête et de ressentir encore plus sa sensibilité et sa dépression que dans le film). Donc ce que j’ai le plus adoré dans ces œuvres c’est le choix musical qui me correspond totalement. Si dans le film c’est Heroes de David Bowie qui est à l’honneur (comme dans le films Horns d’ailleurs que j’ai vu à la même période) dans le livre c’est Asleep des Smith, et je trouve que la musique change beaucoup de chose sur le Charlie du livre et du film. Si Heroes est pleine d’espoir même « just for one day » Asleep (que j’avais découvert grâce à Suckerpunch et dont j’ai usé le bouton replay tellement cette musique me prenait), est beaucoup plus mélancolique et surtout elle accueille la mort comme quelque chose de salvateur.

Je trouve le Charlie du livre un peu plus sombre, un peu plus tourné vers la mort que le Charlie du film. C’est aussi pour ça que je suis attaché à ce personnage car il me ressemble beaucoup même si je suis optimiste, je suis moi-même hypersensible et je ne peux rien contre une dépression qui me tombe dessus sans forcément de raisons . Charlie est perçu comme quelqu’un de différent ce qui a toujours été mon cas et comme Charlie cela ne me dérange pas tant que ça. Je pense qu’avec cette œuvre j’ai commis l’erreur d’être « une éponge et non un tamis » comme le préconise Bill son prof de lettres quand il lui conseille La source vive . Parfois j’ai l’impression d’être la face B d’une cassette plus souvent que la phase A.

Mais Charlie c’est aussi la découverte d’un autre univers que le sien plus acidulé, plus joyeux et plus vivant grâce à Sam et Patrick deux personnages haut en couleurs et c’est pas rien de le dire. Ils sont libre d’être qui ils veulent être même si ce n’est pas toujours évident dans leur relations sentimentales. Ils sont vrais et profitent de la vie, comme Charlie à partir d’un certain âge on a découvert autres choses comme les soirées ou s’amuser, et d’autres choses pas forcément légaux. D’ailleurs dans le film je ne suis pas déçue de voir deux acteurs de talent que j’apprécie beaucoup Ezra Miller pour lequel j’ai eu un coup de foudre dès sa révélation à Cannes avec We need to talk about Kevin et Emma Watson car même si je ne suis pas fan de HP et pas du tout une potterhead j’admet, je la trouve magnifique dans son jeu.

Même si ils n’ont pas cette hypersensibilité ils ont une sensibilité qui leur est propre et qui ramène Charlie à la vie lui permette de faire le deuil de Mickael son meilleur ami car on a tous aussi connu des moments difficiles comme la mort, le lynchage scolaire (à différents niveaux). C’est pour ça que ce livre m’a fait l’effet d’une gifle j’avais l’impression d’y voir des morceaux de ma personnalité et de ma vie (car ma vie n’est pas non plus calqué sur Charlie et vice versa). Et je trouve qu’il est le reflet de beaucoup d’adolescents, ce qui montre que même d’un pays à un autre , d’une culture à une autre nous ne sommes pas si différents, nous avons les mêmes problèmes, les mêmes névroses.

Si je devais rajouter une musique sur la face B de la cassette de Charlie se serait Nothing left to lose de Kari Kimmel. Et vous ?

J’espère que cet article vous aura plût, prenez soin de vous et au prochain article.

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La La Land donne le La!

Hello Hello !

Je suis silencieuse ces derniers temps parce que j’ai été prise dans un engrenage frénétique sans fin ou les projets s’enchaînent les uns après les autres comme Denis Lavant qui enchaîne les personnages sur personnages dans Holly Motors que j’ai vu dernièrement. Métafilm dont j’espère avoir l’occasion de vous parler un jour (d’ailleurs depuis que je retourne au ciné-club, et Dieu que ça m’avait manqué, je découvre des œuvres surprenantes).

Mais aujourd’hui ou plutôt ce soir, car je sors tout juste d’une avant première (avec un petit détour à Del Arte car je ne suis pas inspiré si j’ai (la tête comme) le ventre vide) et c’est celle de LalaLand alors je vais vous parler de ce film.

Résumé :Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…Le destin va réunir ces doux rêveurs,mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood?

Étant une fan des chorégraphies de Bob Fosse et des comédies musicales des années 50, les danses de La La Land manquaient de spectaculaire, étant presque toujours en duo, sauf la première et la dernière comme toutes comédies musicales qui se respectent (ce serait un peu comme un western sans la grand duel finale il manquerait quelque chose) ça envoi moins du lourd. Bob fosse aimait mettre beaucoup de danseurs pour désacraliser les stars du coup pour LalaLand ca n’était pas le but bien au contraire puisque ces deux inconnus qui dansent un jour dans les étoiles de l’observatoire Griffin finissent par y atterrir tant bien que mal, mais la vue des étoiles est plus belle que celle depuis les étoiles.

Après en avoir discuté avec des copines après la séance on a vu pleins de références différentes de comédies musicales notamment chantons sous la pluie quand Ryan Gosling fait le tour du lampadaire , parler des claquettes, un américain à Paris,.. Mais Ryan Gosling et Emma Stone se complétaient très bien en tant que partenaires de danse et même dans le jeu des acteurs, personnellement je trouve que les passages ou Ryan Gosling joue le mieux c’est quand il ne parle pas mais après sa voix vf ne le mettait pas en valeur contrairement à Emma Stone qui se fondait assez bien.

On a beaucoup aimé les chansons chantées mais on a trouvé dommage que la musique leitmotiv du film qui vient quand même de Sébastien ne soit pas du jazz .Même si il y a une base de Jazz elle perd cette identité. Le personnage principal est quand même un passionné de Jazz dans ce qu’elle a d’authentique, dans ce qu’elle raconte, car le jazz est une rencontre entre l’harmonie savante européenne et la rythmique (le swing) de la culture noire et je trouve que « city of stars » manque de swing. J’ai d’ailleurs appris récemment par un de mes profs passionné de Jazz que le jazz des années 20 désignait la musique populaire et moderne de Broadway et que la véritable identité du Jazz telle qu’on la connaît aujourd’hui apparaît dans les années 30. Car le chanteur de Jazz (1927) ne chante jamais de Jazz mais justement le même genre que celui qu’on retrouve dans le film, hormis quelques passages où le Jazz pure est présent.

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Linus Sandgren le Kandinsky du cinéma!

Si le scénario comme toutes les comédies musicales n’a pas de quoi casser 3 pattes à un canard (excepté peut-être Cabaret et Chicago) je rencontre enfin le travail de Linus Sandgren le directeur de la photographie que j’ai découvert il y a quelques jours sur la newsletter de l’AFC puisqu’il en était l’invité. L’entendre discuter de l’équipe avec qui il a travaillé, les anecdotes sur le choix des éclairages qui impactent sur la robe d’Emma Stone. (Bref un travail de collaboration et d’inspiration). Ca m’a mit des paillettes pleins les yeux en me disant « olala j’espère que moi aussi je pourrais bosser comme ça un jour » ! Pour l’instant je me délecte de Lalaland et il me tarde de voir d’autres œuvres sur lesquelles il a travaillé.

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Pour en revenir à l’esthétique visuelle du film car même si l’axe principal d’une comédie musicale reste principalement sur le son en jouant sur les niveaux sonores et c’est là que Linus Sandgren joue un rôle important ce sont ces plans magnifiques très colorés à la Kandinsky qui passent soudainement à du clair obscur de Le Caravage. (Ma culture picturale étant limitée et je la dois à ce que j’apprends durant mes études ces plans m’ont fait penser à ces peintres quelqu’un d’un peu plus expert saura sans doute mieux que moi les possibles inspirations de Sandgren). Mais je reste fascinée par le changement d’état de la lumière quand les personnages commencent à chanter, s’isolant des autres et du monde qui les entourent, découpés sur un fond noir tantôt vif. L’utilisation de la pellicule 35mm anachronique très classique en Panavision montre aussi la beauté du paysage mais aussi de la lumière naturelle d’un ciel rosé.

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Si le propre de l’homme est le rire je n’en reste pas moins persuadé que le propre de la comédie musicale c’est une rythmique colorée que ce soit dans les costumes (la robe mauve ou jaune d’Emma, les rideaux vert de son appartement, les néons rouges des enseignes,…) un ensemble de couleur vives et de lumières se transformant au son de la musique car le jazz se joue avec une palette sombre et or et la comédie de Broadway avec des couleurs plus vives, à chaque son sa couleur comme faisait Kandinsky.

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Ca fait longtemps que je n’avais pas vu une comédie musicale si proche de celle des années 50 et je trouve ça sympa, c’est un film à voir sur grand écran naturellement. J’ai hâte d’avoir vos avis la-dessus 🙂

Quand la manipulation mène à la folie

Mademoiselle de Park-Chan Wook:

Hello Hello,

J’essaye de faire un article par semaine au moins mais c’est dur mon planning est plein jusqu’en Avril 2017, trop de projets mais en même temps travailler dans le cinéma est un rêve que j’espère réaliser.

Résumé :Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d’autres plans pour Hideko…

Le film dont je vais vous parler est sorti il n’y a pas longtemps et je ne sais malheureusement pas si il est encore l’affiche. En tout cas il rencontre un petit succès et, pour peu je suis resté toute la durée du film scotché à celui-ci sans savoir qu’il durait 2h30. Par moment il m’arrivais même d’oublier que j’étais dans une salle de cinéma entouré de pleins de gens face à un thriller érotique. Mais le scénario est tellement bien ficelé et maîtrisé qu’il nous tient en haleine, sans parler du travail sur l’image qui relève presque du cinéma contemplatif.

« Tout va bien…Chacun joue son rôle à la perfection »

Bon pour être honnête avec vous si vous êtes prude ou que les scènes de sexes vous gêne passez votre chemin, je dois dire que Games of thrones m’a habitué, je trouve ça presque routinié maintenant. Mais ici les scènes de sexes (hormis une) ne sont pas gratuites puisqu’elles impactent sur  l’histoire mais aussi sur l’évolution des personnages, de plus la musique ainsi que le cadre rend ces scènes dans une dimension d’avantage sensuel ou sexuel (en tout cas c’est l’impression que ça me fait).

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Comme certains le savent, je suis, en plus de faire du cadrage et de la réalisation,  accessoiriste et autant vous dire que les décors et costumes luxueux sont juste magnifiques j’ai l’impression que je pouvais toucher la matière avec les yeux. Je suis fasciné par la beauté des costumes traditionnelles coréens et japonais sans parler de la grâce des actrices qui sont d’une élégance et d’une beauté saisissante.

En plus de ce visuel magnifique et de ce thriller hyper bien maîtrisé le film soulève un problème sociétal de son époque : l’utilisation des femmes comme objet sexuel. Et c’est ce que j’apprécie avec ce film ce sont ces 2 personnages Sookee (la servante) et Hideko (l’aristocrate japonaise) qui sont idiotes et soumises aux hommes et pourtant…

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J’espère que l’article vous a plût, n’hésitez pas à me dire en commentaire si ce film vous intéresse et si vous l’avez déjà vu ce que vous en pensez. Prenez soin de vous et à un prochain article.

Louise en Hiver: Coup de coeur Breton

 

Salut tous le monde,

Pour vous dire que oui je suis pas mal absente mais que je travaille sur pas mal de projet et que j’ai hâte de vous en parler.

Aujourd’hui j’aimerai vous parler d’un film que j’ai eue la chance de voir en avant-première Mardi dernier et qui sort le 23 Novembre (donc très bientôt!) dans plus de 60 villes (et j’espère dans la votre) car ce film est une pépite du cinéma d’animation.

Je vous conseille, non mieux je vous incite à aller le voir ce film :Louise en hiver , une production Rennaise (donc déjà la fierté) dont la magnifique musique qu’on entend durant les séquences de souvenirs a été composé par l’Orchestre Symphonique de Bretagne avec les élèves de la maîtrise. Et je dois dire que nous ne manquons pas de talent Breton pour la musique.

 » Tu crois qu’on peut être punie pour avoir oublié la moitié de sa vie »

Ensuite au niveau du visuel, j’ai envie de dire quelle poésie, quelle délicatesse la 2D combinée à l’image de synthèse crée un univers visuel introuvable dans les grands studios que l’on connaît.

 

Résumé: À la fin de l’été, Louise voit le dernier train de la saison qui dessert la petite station balnéaire de Biligen, partir sans elle. La ville est désertée. Le temps rapidement se dégrade, les grandes marées d’équinoxe surviennent condamnant électricité et moyens de communication. Fragile et coquette, bien moins armée que Robinson, Louise ne devrait pas survivre à l’hiver. Mais elle n’a pas peur et considère son abandon comme un pari. Elle va apprivoiser les éléments naturels et la solitude. Ses souvenirs profitent de l’occasion pour s’inviter dans l’aventure.

Louise en Hiver ce n’est pas un film sur la solitude comme j’ai pu le penser et que le réalisateur qui était présent pour répondre à nos questions nous l’a fait comprendre : Louise en Hiver c’est un film sur la liberté. Je trouve cette mentalité très belle, se défaire de tout cette matérialité nous allège (même si je ne l’ai pas fait et je ne sais pas si je serai capable de quitter mon confort pour vivre comme Louise). Cette sexagénaire nous parle de son passé comme des souvenirs qui reviennent petit à petit et l’avantage de l’animation c’est que les souvenirs peuvent prendre la forme qu’ils veulent, la plus onirique qui soit. Jean-François Laguionie et son équipe d’animation ne s’en privent pas et cela fait de ce film une poésie imagée.

Résultat d’images pour louise en hiver

J’espère que vous verrez ce film et que vous me direz ce que vous en pensez en tout cas pour moi c’était une magnifique expérience que ce soit ce rêve éveillée ou la rencontre avec le réalisateur (ou personnellement rien que pour poser ma question j’avais le cœur qui battait la chamade et les mains qui tremblaient , ouais mais bon poser une question dans la plus grosse salle du TNB pleine à craquer de gens qui vous fixent quand vous avez le micro à la main, sachant qu’il n’y a que 5 personnes à poser des questions, c’est quelque peu intimidant. Sachant que j’étais entouré de quinqua’, je me sentais seule lol.

J’espère que cet article vous aura plût, si vous voyez ce film dites-le moi je serai ravie de vous l’avoir fait découvrir.

A la Folie: Mon expérience

Hello to you ! (oui j’avais envie de changer ça ne fait pas de mal le changement).

J’ai envie de vous parler d’une œuvre d’art (oui carrément j’appelle ça une œuvre d’art) du cinéma documentaire. Je dois admettre que c’est seulement depuis que j’ai des cours de documentaire que je m’intéresse à cette forme de cinéma sinon hormis Supersize Me, Bowling For Columbine et La marche de l’empereur je n’avais jamais vu de documentaire avant et maintenant que j’ai découvert ce cinéma que je pensais ennuyant ou pour les vieux (oui j’ai le crâne remplis de cliché c’est l’un de mes défauts mais j’ai aussi cette qualité d’essayer ,je choisis essayer car je reste malgré tout humaine, de dépasser ce stade primitif) et bien je découvre une autre forme artistique que peut prendre le cinéma.

Comme chaque mercredi à partir de 18h15 je vais au ciné-club (Le tambour pour les rennais qui ça intéresserait c’est 20€ l’année pour 2 films chaque mercredi autant dire que c’est hyper accessible). Comme d’habitude je ne me renseigne pas sur ce que je vais voir (je ne regarde jamais la bande-annonce ou le synopsis d’un film qui passe dans ce ciné-club et très rarement je regarde le titre et le réalisateur même si ça m’arrive parfois). Du coup ce n’est seulement que 5 minutes avant que le film commence que je  sais ce que je vais voir (genre, année, réalisateur, histoire). J’aime être surprise, et l’avantage c’est que je ne suis jamais déçue car je n’attends rien des films puisque je ne sais même pas ce que je vais voir. C’est aussi comme ça qu’on se prend des claques et qu’on tombe sur des films qu’on ne serait jamais allé voir si on savait globalement ce que c’était. A la Folie de Wang Bing en fait partie.

Dans les grandes lignes c’est un documentaire de 4h qui se déroule dans un étage d’un hopital psychiatrique dans la Chine Provinciale, le réalisateur qui filme ne parle jamais. Si j’avais su que c’était ça je ne serai sans doute pas  y aller. Mais comme j’aime me faire des surprises et pour le coup c’était une vraie surprise puisque je ne pensais pas que le documentaire durait 4h et serait du coup divisé en deux partie.

Je vous assure j’étais fasciné, j’étais même frustré (et surprise puisque je ne savais pas que le film durait 4h) qu’il se coupe au milieu pour avoir une pause et accéder au buffet gratuit. Je me rends compte qu’il y a moins de gens que d’habitude et aussi plus d’asiatiques que d’habitude (j’aurais dû avoir la puce à l’oreille haha).  On reprend ensuite la seconde partie et je rentre dans le film aussi rapidement que quand j’en étais sortie. J’avais l’impression de vivre dans cette prison, rester autant de temps avec ces hommes qui vivent dans l’insalubrité et le fait que le réalisateur disparait nous donne le sentiment que c’est nous qui tenons la caméra et qui suivons ces hommes. Ce qui est encore surprenant c’est que j’ai rigolé aussi troublant et déroutant que puisse être ce film j’ai ri (je me suis aussi moqué mais comme dit Chris Marker un autre réalisateur de documentaire) « L’humour est la politesse du désespoir », je pense qu’il était nécessaire qu’on rit à ces scènes qui peuvent mettre mal à l’aise car filmé des hommes enfermés dans cet hôpital sale, ces hommes qui ne sont pas accompagnés psychologiquement et presque livré à eux-mêmes et entre eux-mêmes a de quoi les rendre dingues donc pas surprenant de voir une long séquence immobile face à un homme qui frappe le mur avec sa claquette pendant 10minutes ou un autre qui commence à faire un footing et qui à la fin pense être pris dans une course-poursuite alors qu’il n’y a personne derrière lui. On se marre quand on voit ça mais aussi on souffre pour eux.

 

Wang Bing dénonce beaucoup de choses sans rien dire, la Chine aussi évolué et riche devient-elle à beaucoup de choses à apporter aux institutions. Les hommes qui sont malade mentalement ou qui ont l’air et qui ne le sont pas mais jugés tel par leurs proches ou par l’état sont regroupés ensemble et ne sont pas accompagnés. Il y a des visites des familles auquel on assiste dont une en particulier qui m’a touché. Une femme vient voir son mari qui la battait, il dit vouloir sortir et elle lui répond quand tu ne recommenceras plus. Cet homme était comme un enfant au coin qui attends qu’on lève sa punition (surtout qu’on apprend que ce n’est pas la première fois qu’il y retourne, donc même si ça ne fonctionne pas on recommence : il sort, il commet la même faute, il retourne en prison tel est son destin).

Je ne pensais pas être capable de rester fasciné pendant 4 heures car ayant vu un film d’une même durée (Naissance d’une Nation de Griffith faisant l’apologie du Ku Klux Klan j’ai dû faire des centaines de pauses car je les trouver très chiant) mais ça doit être parce que j’étais au cinéma pas sûr que chez moi j’aurai réussi à ne pas faire de pauses avec mon portable ou internet (bref toutes sources de déconcentration).

J’espère que cet article vous aura plût c’est une œuvre particulière mais mon but c’est aussi de vous faire découvrir des choses et qu’on sorte de notre zone de confort (d’ailleurs si vous connaissez des films documentaire qui sont particuliers vous pouvez les partager généreusement en commentaire ça me ferait très plaisirs d’en découvrir davantage).

Au-delà des montagnes

Salut mes chats curieux,

Ca  y est c’est vendredi c’est le week-end pour ma part je suis pas mal prise avec mes devoirs mais je m’organise pour alimenter le blog. Lundi prochain il y aura un article exceptionnel qui parlera de ma toute première box j’espère qu’il vous plaira. Mais en attendant voici mon troisième coup de cœur de la semaine niveau film. C’est une romance triangulaire chinoise.

Résumé:Le récit, divisé en trois époques, décrit les parcours de ses principaux personnages sur plus de vingt ans. À la fin du XXe siècle, une jeune Chinoise est courtisée par un jeune homme d’affaires à l’avenir prometteur et un travailleur dans une mine de charbon. Elle finit par épouser l’un d’eux, mais la vie lui réserve des déconvenues… L’histoire commence en 1999 et se poursuit dans les années 20002010, tandis que la dernière partie se déroule dans un futur proche, dans les années 2020.

Ses longs-plans séquences s’opposent aux films frénétiques hollywoodiens et ça fait du bien. Je ne sais pas vous mais des fois je sature des films qui font des dizaines de plans pour une même action j’ai l’impression d’être emporté dans le film avec une vitesse tellement saturé qu’on n’a pas le temps de souffler. On est dans une société du fast, du fast-food (macdo,KFC, Burger King,….) du fast-shopping (H&M, Primark) : on consomme vite, on jette. A la fin on ne sait plus apprécier.

Alors quand on tombe sur un film qui prend son temps on à l’impression que le temps s’est arrêté et ça fait un bien fou. On a le temps d’observer tout ce qu’il se passe dans le cadre (bien entendu les gens qui ne sont pas habitués aux films longs qui durent plus de 2heures et qui ont des plans plus longs que la moyenne vont trouver ça chiant). Donc ce qui me plaît dans le film sera détesté par d’autres.

Il est poétique et les personnages nous embarquent dans une grâce qui leur est propre. Je suis fasciné par la culture asiatique et notamment par leur fierté, même dans les pires moments ils ont la tête haute.  On s’attache aux personnages, à leurs histoires on regrette plus qu’on adhère à certains de leur choix. Mais la frustration est un sentiment qui est peu mis en avant dans le cinéma sauf au début mais les choses se finissent souvent par un happy ending. Or dans ce film une fois que ces choix sont faits ils ne changent pas. On n’inverse pas la situation pour plaire aux spectateurs (comme on fait trop souvent dans les films américains ou français). Ce qui rend les choses plus réalistes et plus humaines car qui dans la vraie vie accepte de sortir avec A plutôt que B puis au bout d’un moment elle décide de changer d’avis de larguer A pour B ? Personne ! Soit le plus souvent on reste avec A (regret ou pas) ou on s’en sépare mais on retourne très très rarement avec B (et surtout pas sûr que B est très envie de nous à nouveau si il est sensé haha).  C’est son humanité que j’aime dans le film et surtout cette fin qui n’est pas montré peut-être par pudeur et nous valorisant nous les spectateurs. Car on ne nous assiste pas, on ne nous ménage pas on nous laisse seul face à cet œuvre et c’est à nous de choisir ce que l’on veut en faire.

J’espère que cette séries d’articles de films coup de coeurs vous aura plût je vous dis à la prochaine pour un nouvel article, prenez soin de vous.

Mustang: Un virgin Suicid Turc

Salut mes chats curieux,

J’espère que vous allez bien, aujourd’hui on se retrouve pour mon autre coup de cœur. Cette fois il s’agit d’un film social Deniz Gamze Ergüven. Mustang parle de 5 sœurs à marier un peu comme dans Orgueil et préjugé de Jane Austen sauf que là il n’y a rien de romantique.

Résumé :Cinq sœurs orphelines sont élevées par leur grand-mère dans un village du nord de la Turquie, à 1 000 km d’Istanbul. Le dernier jour de l’année scolaire, elles rentrent chez elles par le bord de mer, en compagnie de camarades de classe. Juchées sur les épaules des garçons, elles s’affrontent pour se faire tomber à l’eau tout habillées. Les ragots du village les précèdent chez elles. Leur jeu innocent a été jugé obscène. L’oncle Erol — très à cheval sur un patriarcat qui se drape de tradition, de morale et de religion — reproche à sa mère (la grand-mère des filles) une éducation trop laxiste. Les aînées doivent subir à l’hôpital un examen d’intégrité hyménéale. Et la maison se transforme peu à peu en prison : murs d’enceinte rehaussés, portes fermées à clef, barreaux aux fenêtres, plus d’école, plus d’ordinateur, plus de téléphone, mais des cours de cuisine et de ménage dispensés par des femmes à hijab.

Ce film raconte ce qu’est être une femme en Turquie tout comme le film de Sofia Coppola raconte ce qu’est être une fille aux Etats-Unis par cette simple réplique « Manifestement docteur vous n’avez jamais été une jeune fille de 13ans ».  La vie turque à travers le regard d’une femme étouffée par l’autorité masculine. Ce film est une claque parlant du mariage arrangée comme quelque chose de normalisé et le viol des filles   par leur oncle comme quelque chose de presque tabou, qui n’est que suggéré par deux plans qui se ressemblent énormément (et très courts car moi-même la première fois que j’ai vu le film je n’ai pas vu qu’il y avait cette horreur caché). Ces plans qui passent par  le regard Lale apercevant à travers la porte de sa chambre l’oncle Erol qui rentre  une première fois dans celle d’Ece puis ensuite plus loin dans le film dans celle Nur. Ces plans ne durent que 5secondes tout au plus. On ne montre rien, on laisse deviner, c’est encore pire.

 

ATTENTION SPOIL: Même le suicide de Ece n’est pas montrer il est entendu par un coup de feu mais c’est déjà beaucoup.

 

Ce film me fait prendre conscience que j’ai de la chance d’être née femme ici et pas là-bas. Il nous montre aussi la détresse de ces femmes qui ne sont même pas libres de choisir leur cage. Il y a tant d’envie de liberté en elles mais vite étouffée et soumise par un patriarcat progressiste d’année en année, alors que la Turquie accordait le droit de votes aux femmes bien avant la France.

 

J’espère que cet article vous aura plût. J’aimerai savoir si vous connaissez d’autres films du même genre ce serait sympa d’en découvrir, d’ailleurs n’hésitez pas à me dire en commentaire vous quels sont vos coup de cœur. Prenez soin de vous et à un prochain article.