La La Land donne le La!

Hello Hello !

Je suis silencieuse ces derniers temps parce que j’ai été prise dans un engrenage frénétique sans fin ou les projets s’enchaînent les uns après les autres comme Denis Lavant qui enchaîne les personnages sur personnages dans Holly Motors que j’ai vu dernièrement. Métafilm dont j’espère avoir l’occasion de vous parler un jour (d’ailleurs depuis que je retourne au ciné-club, et Dieu que ça m’avait manqué, je découvre des œuvres surprenantes).

Mais aujourd’hui ou plutôt ce soir, car je sors tout juste d’une avant première (avec un petit détour à Del Arte car je ne suis pas inspiré si j’ai (la tête comme) le ventre vide) et c’est celle de LalaLand alors je vais vous parler de ce film.

Résumé :Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…Le destin va réunir ces doux rêveurs,mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood?

Étant une fan des chorégraphies de Bob Fosse et des comédies musicales des années 50, les danses de La La Land manquaient de spectaculaire, étant presque toujours en duo, sauf la première et la dernière comme toutes comédies musicales qui se respectent (ce serait un peu comme un western sans la grand duel finale il manquerait quelque chose) ça envoi moins du lourd. Bob fosse aimait mettre beaucoup de danseurs pour désacraliser les stars du coup pour LalaLand ca n’était pas le but bien au contraire puisque ces deux inconnus qui dansent un jour dans les étoiles de l’observatoire Griffin finissent par y atterrir tant bien que mal, mais la vue des étoiles est plus belle que celle depuis les étoiles.

Après en avoir discuté avec des copines après la séance on a vu pleins de références différentes de comédies musicales notamment chantons sous la pluie quand Ryan Gosling fait le tour du lampadaire , parler des claquettes, un américain à Paris,.. Mais Ryan Gosling et Emma Stone se complétaient très bien en tant que partenaires de danse et même dans le jeu des acteurs, personnellement je trouve que les passages ou Ryan Gosling joue le mieux c’est quand il ne parle pas mais après sa voix vf ne le mettait pas en valeur contrairement à Emma Stone qui se fondait assez bien.

On a beaucoup aimé les chansons chantées mais on a trouvé dommage que la musique leitmotiv du film qui vient quand même de Sébastien ne soit pas du jazz .Même si il y a une base de Jazz elle perd cette identité. Le personnage principal est quand même un passionné de Jazz dans ce qu’elle a d’authentique, dans ce qu’elle raconte, car le jazz est une rencontre entre l’harmonie savante européenne et la rythmique (le swing) de la culture noire et je trouve que « city of stars » manque de swing. J’ai d’ailleurs appris récemment par un de mes profs passionné de Jazz que le jazz des années 20 désignait la musique populaire et moderne de Broadway et que la véritable identité du Jazz telle qu’on la connaît aujourd’hui apparaît dans les années 30. Car le chanteur de Jazz (1927) ne chante jamais de Jazz mais justement le même genre que celui qu’on retrouve dans le film, hormis quelques passages où le Jazz pure est présent.

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Linus Sandgren le Kandinsky du cinéma!

Si le scénario comme toutes les comédies musicales n’a pas de quoi casser 3 pattes à un canard (excepté peut-être Cabaret et Chicago) je rencontre enfin le travail de Linus Sandgren le directeur de la photographie que j’ai découvert il y a quelques jours sur la newsletter de l’AFC puisqu’il en était l’invité. L’entendre discuter de l’équipe avec qui il a travaillé, les anecdotes sur le choix des éclairages qui impactent sur la robe d’Emma Stone. (Bref un travail de collaboration et d’inspiration). Ca m’a mit des paillettes pleins les yeux en me disant « olala j’espère que moi aussi je pourrais bosser comme ça un jour » ! Pour l’instant je me délecte de Lalaland et il me tarde de voir d’autres œuvres sur lesquelles il a travaillé.

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Pour en revenir à l’esthétique visuelle du film car même si l’axe principal d’une comédie musicale reste principalement sur le son en jouant sur les niveaux sonores et c’est là que Linus Sandgren joue un rôle important ce sont ces plans magnifiques très colorés à la Kandinsky qui passent soudainement à du clair obscur de Le Caravage. (Ma culture picturale étant limitée et je la dois à ce que j’apprends durant mes études ces plans m’ont fait penser à ces peintres quelqu’un d’un peu plus expert saura sans doute mieux que moi les possibles inspirations de Sandgren). Mais je reste fascinée par le changement d’état de la lumière quand les personnages commencent à chanter, s’isolant des autres et du monde qui les entourent, découpés sur un fond noir tantôt vif. L’utilisation de la pellicule 35mm anachronique très classique en Panavision montre aussi la beauté du paysage mais aussi de la lumière naturelle d’un ciel rosé.

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Si le propre de l’homme est le rire je n’en reste pas moins persuadé que le propre de la comédie musicale c’est une rythmique colorée que ce soit dans les costumes (la robe mauve ou jaune d’Emma, les rideaux vert de son appartement, les néons rouges des enseignes,…) un ensemble de couleur vives et de lumières se transformant au son de la musique car le jazz se joue avec une palette sombre et or et la comédie de Broadway avec des couleurs plus vives, à chaque son sa couleur comme faisait Kandinsky.

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Ca fait longtemps que je n’avais pas vu une comédie musicale si proche de celle des années 50 et je trouve ça sympa, c’est un film à voir sur grand écran naturellement. J’ai hâte d’avoir vos avis la-dessus 🙂

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Lost River

Salut mes chats curieux,

Je suis super contente de vous retrouver pour cet article car cette semaine je vais vous parler de 3 films coup de cœur qui sont tous les 3 dans un registre, une atmosphère, une origine différent.

Mon premier coup de cœur de la semaine c’est Lost River de Ryan Gosling. Je voulais le voir depuis un petit bout de temps et je me suis dit que maintenant que je fais 4h30 de train par semaine c’est l’occasion de visionner les films que j’ai sur ma wish list (et qui commençait à devenir poussiéreuse haha). J’avais eue des mauvais échos lorsqu’il a été diffusé au festival de Cannes de fait d’un premier montage moins bon que la version actuelle. J’ai aussi vu qu’il n’avait pas attiré masse de foule mais d’après Allociné (ce n’est pas la meilleure référence mais au moins les gens lambda notent le film d’après ce qu’ils ont aimé et ça permet d’avoir une idée à peu près globale) il est plutôt bien noté 3/5 pour les spectateurs et 3,4/5 pour la presse. Et sur IMDB 5.8/10.

(source: Allociné)

Résumé:Billy est une mère célibataire. Elle habite avec ses deux enfants, Bones et Franky, un adolescent et un très jeune garçon, dans une ville proche de l’évanescence. Elle risque l’expulsion de sa maison si elle ne parvient pas à rembourser ses prêts. Le nouveau directeur de sa banque, Dave, lui propose un emploi, qu’elle n’accepte pas immédiatement.

De son côté, Bones arpente les ruines des alentours pour récolter du métal à revendre, mais un homme cruel, Bully, s’autoproclame maître des lieux et lui fait comprendre que personne d’autre que lui ne peut exploiter les éventuelles richesses des lieux abandonnés et lui vole le cuivre qu’il a récolté dans un immeuble. Plus tard, Bones s’introduit sur le territoire de Bully pour reprendre son bien. Dans sa fuite, il trouve un lac artificiel, sombre et inquiétant, dans lequel s’enfonce une route qui mène à une mystérieuse ville engloutie. Pendant ce temps, Billy finit par accepter le job proposé par Dave, sans vraiment savoir ce dont il s’agit. Elle se retrouve alors dans une salle de spectacle où des jeunes femmes se produisent dans des numéros macabres.

Bones se rapproche progressivement de sa voisine, Rat, qui vit avec sa grand-mère. Rat raconte que la création du réservoir a provoqué une malédiction qui explique la situation catastrophique des environs et qu’il faut ramener un morceau de la ville engloutie pour mettre fin à cette malédiction. (source: Wikipédia)

(Source: coming soon)

Personnellement je trouve que c’est bien peu par rapport à ce que je pense de lui. Sachant que c’est quand même son premier long-métrage ce qui n’a pas empêché une bonne partie du monde du cinéma d’en attendre beaucoup. Même si ok il est dans le monde du cinéma depuis 25ans (oui plutôt précoce de commencer à 10ans) mais passer d’acteur à réalisateur n’est pas aussi facile. Tout le monde n’est pas capable de réaliser un premier film parfait à moins d’être Quentin Tarantino.

Et surtout certains spectateurs ont trouvé le film nul parce qu’il n’a pas joué dedans, sérieusement ?!

Comme si être réalisateur/producteur et scénariste pour la première fois de sa vie n’était pas assez prenant faut en plus qu’il joue dedans. Bon personnellement je me demandais s’il était dedans mais je n’en ai pas été déçue. Déjà parce que j’ai vite été transporté par l’ambiance du film. Ryan Gosling s’est entouré d’une très bonne équipe d’acteurs mais aussi de techniciens. Déjà un directeur de la photographie habitué à des univers psychédéliques, chaotiques qui est Benoit Debie et quand on voit sa filmographie tel que Enter The void ou Spring breakers on reconnait ce côté à la fois éclairage aux néons, aux éclairages de la ville voire même pas d’éclairage du tout avez des zones sans lumières, noires dans certains plans. Accentuant le côté inquiétant et de malaise qu’on ressent dans ce film.

(Source: coming soon)

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai adoré le film, on voit clairement l’inspiration assumé de Ryan Gosling pour David Lynch, Darren Aronofsky, Terrence Malick ou encore Nicolas Winding Refn avec qui il a déjà travaillé. Mais malgré cela il a une part de lui, sa fascination pour les années 80 se fait ressentir dans ce film pour mon plus grand plaisir. L’histoire déjà est vraiment bien construite avec des personnages qui survivent entre eux ou d’autres qui détruisent tout dans leur folie. Je suis fasciné par le personnage de Rat interprété par la magnifique Saoirse Ronan. Elle représente avec sa fraicheur et son intelligence un espoir, mot qui a disparu depuis des années dans cette ville fantôme ou tout disparaît broyer par des machines ou calciné dans les flammes. Mais aux flammes s’oppose l’eau (calme, sage inspirante mais étouffante). C’est dans l’eau aussi que ce trouve l’espoir. Rat est la clé donnée à Bones pour lever la malédiction qui pèse sur Lost River, ramener à la surface un objet de la ville engloutie lèvera la malédiction. Les enfants sont les sauveurs du monde tandis que les adultes ont déjà acceptés leur sort. Le banquier lubrique embauchant des femmes pour animer des bloody shows tel qu’Eva Mendes ou Christina Hendriks en mère esseulé croulant sous les dettes. Ou Bully  jeune adulte fou qui aime tuer ou défigurer, figure inquiétante de ce thriller néo-noir, accentué par une BO parfaite. Je dois vous dire que depuis que j’ai vu ce film je ne cesse de réécouter Tell Me chanté par Saoirse Ronan.

(Source:Marla’s Movies.blogspot)

Parfois on en oublierait presque de respirer tant on a l’impression d’être sous la ville engloutie prisonnier de la malédiction.

J’espère que cet article vous aura plût. Si vous souhaitez partager votre avis n’hésitez pas à laisser un commentaire. Je vous dis à bientôt pour un prochain article et prenez soin de vous.